Coronavirus et voyages | Quel avenir pour le tourisme ?

Coronavirus et voyages | Quel avenir pour le tourisme ?

Il y a quelques semaines, un virus, le COVID 19, venait paralyser toute notre planète. Focus de l’impact du coronavirus sur le secteur du voyage et l’avenir du tourisme.

 

Depuis quelques semaines maintenant, notre planète est frappée d’un mal étrange et se trouve face à une situation qu’elle n’a jamais connue. Parti de Chine, du marché de Wuhan, le coronavirus s’est d’abord propagé en Asie puis développé en Italie, en France, en Espagne puis sur l’Europe entière et maintenant le monde entier qui se retrouve à l’heure où je vous écris avec près de 3 milliards de personnes confinées aux quatre coins du monde.

Notre système économique s’en retrouve complètement bouleversé et dans une situation encore inconnue. Pas un secteur n’est épargné par la situation et celui du tourisme est bien évidement l’un des secteurs les plus fortement impactés par les mesures tout à fait compréhensibles qu’ont dû prendre les différents états afin de lutter contre la propagation de ce virus.

Un des points positifs de cette crise est certainement la bouffée d’air que cela aura pu donner à notre planète pour laquelle nous consommons chaque année toujours plus de ressources qu’elle ne peut en apporter, faisant peser une dette écologique très importante sur les épaules des générations futures. Alors cherchons du positif dans cette crise en voyant la qualité d’air de nos villes s’améliorer, en voyant la nature reprendre ses droits avec des animaux venant à notre rencontre dans des lieux que nous lui avons souvent pris.
Mais comment notre monde va t-il sortir de cette période? Certains chercheurs associent cette pandémie comme d’autres passées n’ayant pas affecté l’homme, au développement sans cesse de notre agriculture intensive aux détriments des espaces naturels. Allons-nous en profiter pour acter de réels changements dans nos manières de produire, dans nos comportements d’achats, dans notre façon de voyager?

Je vous écris donc cet article car je me pose des questions sur l’avenir de notre monde au sortir de cette crise et bien sûr, sur l’avenir du tourisme car la situation nous pousse à la réflexion (en même temps, on a du temps pour y penser). Loin de moi l’idée de vouloir moraliser la question et de me porter en donneuse de leçons car j’ai moi-même pu avoir les mauvais comportements, mais plutôt l’idée de vouloir trouver des compromis. Des compromis pour allier le respect de notre environnement, la citoyenneté avec ma passion de toujours, « le voyage ». Le voyage et ses découvertes culturelles, ses rencontres humaines, ses somptueux paysages dont notre planète regorge et l’envie de partager des choses avec des personnes aux visions diverses qui nous amènent à plus d’ouverture d’esprit et à moins de repli sur soi.

Je pense et j’espère que nous continuerons de voyager mais notre rapport à cela doit évoluer. Voyager oui, mais en équilibre. Dans la vie d’ailleurs, tout n’est-il pas question d’équilibre ?

 

Quels sont les impacts positifs du Coronavirus ?

Ce coronavirus a tout de même des impacts positifs qui m’ont redonné le sourire. Dans la mesure où des mesures de confinement de la population ont été mises en place un peu partout dans le monde, la baisse des activités a forcément eu un impact sur l’air mais aussi sur les écosystèmes. Ce sont les tout premiers effets observés et il y en aura surement d’autres. Comme évoqué plus haut, il y a tout d’abord:

 

  • La Qualité de l’air

Le premier constat est que la qualité de l’air dans nos villes s’est améliorée avec des diminutions drastiques d’émissions de 60% pour les oxydes d’azote et de fortes réductions de CO2. La qualité de l’air se serait ainsi améliorée de 20 à 30% à Paris selon Airparif et n’aurait jamais été aussi bonne à en Ile-de-France depuis 40 ans. Le bilan reste néanmoins à nuancer par les émissions de particules fines liée au chauffage qui continuent de noircir ce tableau.

Sachez qu’en Inde, on observe également une baisse de la pollution : on peut désormais voir l’Himalaya dans certains régions (l’État du Punjab, au nord de l’Inde) pour la première fois en 30 ans à 200km de distance ! Alors que 1,3 milliard d’indiens sont confinés pour stopper la propagation du Coronavirus, les niveaux de pollution dans une grande partie du pays ont fortement chuté.

 

 

  • Baisse du bruit

C’est certainement le point le plus appréciable pour tout ceux vivant en milieu urbain. Il suffit de mettre le nez dehors en ouvrant sa fenêtre pour en ressentir l’effet. A Paris c’est une réduction de 6 à 9 dB soit de 50 à 75% du bruit qui a été mesurée. Les capteurs perçoivent de nouveau le bruit des arbres et des oiseaux…

 

  • La nature reprend ses droits

Ceci permet à la nature de respirer. Qui n’a pas vu ces images attendrissantes sur les réseaux sociaux ou à la télévision de ces cygnes nageant sur les canaux translucides de Venise permettant d’admirer ses fonds. De leurs fenêtres, les Vénitiens ont ainsi pu voir pendant la quarantaine, des bancs de poissons y évoluer librement! Dans le sud de l’Italie, des dauphins ont crée la surprise dans le port de Cagliari en Sardaigne et en sautant au large des côtes, des équipes en France ont pu observer des groupes de dauphins et des bancs de thons qui se rapprochaient ces côtes car ils ne sont plus effrayés par les bruits de moteurs et ils ont même aperçu ces deux rorquals au large de Marseille, dans les calanques. Il y a quelques jours deux cervidés , sûrement perdus, se baladaient paisiblement dans les rues de Boissy-Saint-Léger.

 

 

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  • Suppression de marchés exotiques et de consommations d’animaux sauvages dans le monde

Alors que le pangolin (animal menacé d’extinction) est soupçonné d’être le vecteur de la maladie Covid-19 à l’Homme, le gouvernement gabonais a interdit la vente et la consommation de sa viande ainsi que celle de la chauve-souris !Elles étaient encore disponible sur les marchés de la capitale, Libreville, en mars.
Près de 100 000 pangolins sont victimes chaque année en Asie et en Afrique d’un trafic illégal, ce qui en fait l’espèce la plus braconnée au monde (sources : AFP, GEO). La Chine quant à elle a décidé d’interdire “complètement” et immédiatement le commerce et la consommation d’animaux sauvages ! A voir s’ils s’y tiennent!

Autre décision historique dans l’histoire dès le 1er mai 2020! La métropole chinoise de Shenzhen avec 12 millions d’habitants, va prochainement interdire à ses habitants de consommer de la viande de chat ou de chien. Pour rappel, 30 millions de chiens et 4 millions de chats seraient tués chaque année en Asie pour leur viande dont 10 millions rien qu’en Chine. Mais n’oublions pas que chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont abattus pour notre consommation. ( 287 millions de bovins, environ 500 millions de moutons, 1,4 milliards de porcs, 55 milliards de volailles et entre 1000 et 2500 milliards de poissons – source : BBC, Le Point, FAO)

 

 

L’IMPACT DU CORONAVIRUS SUR LE SECTEUR DU TOURISME

 

J’ai mis un peu de temps avant de vous écrire car le début de ce confinement généralisé nous a conduit à trouver des solutions pour nos clients. Tout droit venu de Chine, il ne m’a pas fait spécialement fait peur à ses débuts jusqu’à que je vois l’ampleur de la situation d’abord en Asie puis en Italie, en Espagne, en France et puis dans le monde entier. Aucun pays n’a été épargné ou du moins très peu. Aujourd’hui le Coronavirus, hante nos esprits et a paralysé la moitié de la planète en quelque semaines.

Je travaille dans le secteur du tourisme depuis plus de 10 ans dont 2 ans et demi comme créatrice de voyages sur mesure en free-lance. Jusque-là, nous avions réussi à faire face à plusieurs situations exceptionnelles et catastrophes naturelles comme des éruptions volcaniques en Islande ou en Indonésie mais aussi les feux en Australie ou les incendies en Amazonie, les tsunamis, les tremblements de terre, l’invasion massive de criquet en Tanzanie ou encore les faillites de compagnies aériennes. Mais là, nous sommes face au Coronavirus et personne ne l’a vu arriver! Imprévisible et pour le moment inarrêtable, il a réussi à immobiliser tous les secteurs et a touché de plein fouet celui du tourisme.

Il y a encore 3 semaines, j’étais optimiste sur les voyages que nous avions vendu à nos clients pour le mois de mars et avril. Mais au fil des jours, nous, professionnels du tourisme à savoir les agences de voyages, tours opérateurs, hôteliers, réceptifs et toutes les entreprises du voyage réunies, avons du voir la réalité en face. Scotchés à nos téléphones et devant nos écrans, nous avons du faire face jour après jour à la fermeture des frontières, aux rapatriements puis aux reports et demandes de remboursements. C’était la panique à bord et nous ne savions plus quoi faire face à la situation.

A tous ceux qui nous lisent, sachez que nous avons pris nos responsabilités en tant qu’agence et avons fait tout le nécessaire pour répondre à nos clients, trouver des solutions et les rapatrier dès que possible à nos frais. Nous ne les avons jamais laissé tombé et nous les avons toujours tenu informés de l’évolution du virus ainsi que de leur voyage.

Il faut que vous sachiez également que chaque voyage est traité au cas par cas en fonction de la date de départ donc c’est un processus assez long. C’est pourquoi nous vous demandons de ne pas être agressifs mais plutôt d’être compréhensifs et patients. Nous ne pouvons pas aller plus vite que la musique car nous dépendons des compagnies aériennes et de nos prestataires.

 

Mon ressenti sur le coronavirus

C’est une période très compliquée où il faut tout de même garder le sourire. C’est très difficile de voir que tout le travail fourni depuis des mois s’effondre en quelques jours. Au début de la crise, les clients voulaient continuer à voyager et restaient optimistes puis au fur et à mesure, certains ont souhaité annuler leur voyage alors que toutes les frontières n’étaient pas fermées. Il a fallu les rassurer, les conseiller d’attendre le dernier moment avant de ne prendre une décision finale et surtout de recevoir les consignes du SETO (Syndicat des entreprises du Tour operating).

Du jour au lendemain, plus un appel, plus de demandes de voyage mais seulement des problèmes à résoudre. Aujourd’hui comme tout le monde, nous n’avons plus de rentrée de chiffres d’affaires, plus aucun contact pour une demande de devis ou encore des demandes d’informations. On vous sent bien stressé et perdu et l’on comprend totalement votre sentiment. Alors, quand je reçois de nouveau des demande de devis, c’est un soulagement! C’est un peu comme un cadeau surprise, on ne s’y attend plus et l’on s’en réjouit pleinement! Je me dis tout simplement qu’il va falloir être confiant, patient et positif. Le voyage va repartir mais dans quelles conditions ?

Une chose est sure et certaine, cette crise sanitaire va renforcer la confiance des clients envers leur agence de voyages et valoriser une fois de plus notre métier et notre savoir faire. Nous avons été présents et nous nous sommes occupés d’eux. Tous nos clients sont tous rentrés en France et la majorité d’entre eux comprennent la situation. Certains d’entre eux, nous ont déjà remercié 1 000 fois pour tout ce que nous avions fait.

 

Qu’en est-il du remboursement ?

C’est la première question que se sont posées tous les clients, allons-nous être remboursés ? Vous imaginez bien que cela était impossible de leur donner une réponse immédiate et de tous les rembourser en une fraction de secondes car cela aurait pu entraîner une faillite incroyable des entreprises du voyage. Ce que vous ignorez souvent c’est que l’acompte de 30% de votre voyage que vous nous versez, sert à régler et à bloquer la partie transport donc le plus souvent l’aérien mais aussi de régler une partie de la prestation terrestre à savoir les hôtels, les locations de voiture et les activités. Parfois, nous devons même payer la totalité de certains prestataires. L’acompte n’atterrit donc pas dans nos poches aussi facilement.

Dans ce contexte de crise inhabituelle, les transporteurs aériens ne remboursement pas toujours les vols annulés, les vols qui ont servi pour le rapatriement ainsi que les vols déjà consommés par le client. Je vous l’ai dis tout est traité au cas par cas. Par conséquent, lorsque vous exigez un remboursement ou la totalité de la somme aux professionnels du tourisme, cela revient à nous réclamer de l’argent que nous ne possédons plus. Nous sommes l’un des maillons de la chaîne et dépendons de tout le monde.

Face à cette épidémie et situation exceptionnelle, les commissions du tourisme ont proposé dans un premier temps un report du voyage avec toutes les difficultés que cela représente. Au final, le 25 mars 2020, l’état a voulu rassurer les entreprises du voyage ainsi que tous les clients en proposant comme l’ont fait nos confrères italiens, de reporter le voyage via un bon à-valoir d’une durée de 18 mois. Une garantie de l’État déjà mise en place. Cela permet aux clients de ne pas perdre l’acompte laissé et de pouvoir réorganiser plus facilement son voyage par rapport à ses congés.

 

Et que font les assurances voyage face au coronavirus ?

Nous pensions que les assurances voyage (carte bancaire ou autres assurances) allaient elles aussi prendre leurs responsabilités et nous épauler dans cette affaire, mais nous avons constaté qu’elles se sont toutes réfugiées derrière les conditions générales de vente (CGV) en invoquant les exclusions épidémie et pandémie. Il fallait s’en douter! Pour notre part, l’assurance de l’agence de voyages pour laquelle je travaille a été professionnelle en proposant à nos clients, des solutions pour les futurs voyages qui seront réservés et en prenant en compte dorénavant le facteur virus dans leurs CGV.

 

Comment allons-nous voyager demain ?

Prenons déjà conscience, pour répondre à cette question de la chance que nous avons d’être Français, Européens. Nos états, même s’ils sont critiquables, ont globalement pris des mesures nous mettant en sécurité ce qui est loin d’être le cas dans tous les pays du monde. Je pense bien évidemment aux pays sous développés comme l’Inde qui, par le confinement, poussent les plus pauvres face à un dilemme. Rester chez soi en mourant de faim ou bien de sortir pour survivre au risque d’être contaminé. Mais des pays beaucoup plus riches comme les USA poussent également une partie de leur population face cette même question. Les écarts entre inégalités se créent davantage.

L’industrie du tourisme dans ces pays en sortira forcément affaibli, il en va de soi.

 

 

Pour ce qui nous concerne, nous avons plus de temps pour nous soucier de nous, de nos proches d’appréhender notre rapport au temps. Nous sommes beaucoup à nous poser des questions existentielles en cette période et mon avis concernant nos modes de consommations, notamment dans le tourisme, est que nous sommes beaucoup trop consommateur dans notre approche en voulant trop souvent cocher des cases lorsque nous faisons un voyage. Par exemple, nous allons en Californie et voulons absolument en 2 semaines enchainer Los Angeles, La Vallée de la mort, Monument Valley, tous les parcs nationaux, Las Vegas, San Francisco… Mais qu’avons nous pu ressentir du pays, de sa culture et quels échanges avons-nous pu avoir en voyageant ainsi ?

Ne devrions-nous pas en faire moins, privilégier une région et la découvrir en slow tourisme, c’est à dire en prenant son temps ? Je pense par exemple à notre voyage en Croatie où nous sommes partis dans le golfe de Kvarner au nord du pays, beaucoup moins connue et touristique que Dubrovnik mais une région tellement belle.

Ne devrions-nous pas privilégier les expériences de voyage et l’échange culturel, sans compromettre le fait de découvrir certains sites incontournables ?

Comme me l’a souvent dit Antoine pendant nos voyages, choisir c’est renoncer. En effet, ma passion du voyage me donnait il y a quelque années, un effet boulimique où j’avais peur de passer à côté de certaines choses. Lors de notre passage au Vietnam en 2015, un typhon nous a empêché de découvrir la Baie d’Halong. Après s’être calfeutré pendant 3 jours, nous avons dû y renoncer avec un peu de tristesse mais cela ne nous a pas empêché d’avoir adoré cette destination puisque nous avons vécu d’autres belles expériences notamment à travers l’échange humain. En août 2019, nous avons eu de la chance de pouvoir visiter Cuba pendant 1 mois. On a pris notre temps et avons découvert des endroits magnifiques que peu de voyageurs connaissent comme Baracoa. Et oui je le répète mais le slow tourisme permet ce genre de découverte.

Je reçois souvent des demandes de clients voulant partir quelques jours vers des destinations lointaines. Un des coûts les plus importants du voyage est le transport, alors pourquoi ne pas privilégier dans ces cas la, des voyages moyens courriers ou des temps plus longs sur les voyages longs courriers. Je suis tout à fait consciente que tout le monde ne pourra pas ou ne voudra pas le faire (peu ou pas de vacances, l’envie) mais il y a peut être un juste milieu à trouver. Il existe tellement de coins à découvrir ne serait-ce qu’en Europe. Devons nous succomber sans arrêt aux offres promotionnelles et “discount” qui arrivent tous les jours dans nos boites mail et qui parfois n’ont plus de sens en terme de prix! C’est une bataille sans fin entre tous ces comparateurs qui encouragent finalement le tourisme de masse en nous proposant toujours le voyage le moins cher! Il faudrait se demander derrière pourquoi ces voyages sont-ils si peu chers ? est ce que finalement les locaux sont payés à leur juste valeur ? qu’en est il du service et de la qualité des prestations ?

Personnellement, j’aimerais que nous arrêtions une bonne fois pour toutes les croisières HLM qui polluent nos océans et que nous privilégions les voyages en catamaran ou les bateaux plus luxes et plus petits pour les voyages d’expéditions. Je pense qu’il n’y a rien de pire que de se retrouver à 2000 personnes sur un immense bateau, de s’arrêter quelques heures ou 1/2 journée pour soi disant “découvrir” l’île. En voyageant ainsi, on encourage fortement le tourisme de masse et ces croisières qui ne servent à rien! Sachez que de notre côté, nous ne proposons jamais ce type de croisières et nous expliquons les raisons au client.

Changeons nos comportements et nos modes de transport, réduisons notre empreinte écologique en voyageant dès que possible en train et en limitant les trajets courts en avion. Pensez au covoiturage pour échanger, diviser vos frais et minimiser vos impacts. Nous le faisons régulièrement lorsque nous allons en Bretagne.

 

 

LES DESTINATIONS POSSIBLES APRÈS LE CORONAVIRUS

 

C’est la grande question que l’on se pose tous car les futurs destinations possibles dépendent de plusieurs facteurs:

 

  • Facteur sanitaire: quel sera l’État de santé des pays où il est possible de voyager ?

 

  • Facteur douane : quelles frontières seront ouvertes dans quelques mois ? Quels pays souhaiteront nous recevoir en tant que voyageurs Européens ? Quels visas seront délivrés ? Depuis le discours du Président prononcé le 13 avril 2020, pour le moment, il ne sera pas possible de sortir de l’espace Schengen jusqu’à mi juillet, les frontières avec les pays non Européens restent fermées. Veuillez trouver la liste des pays membres  de l’EEE, l’espace économique européen, qui comprend 31 pays: Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède. Les départements, collectivités et territoires d’Outre-mer français ne font pas partie de l’espace Schengen à savoir les DOM ou DROM (départements et régions d’outre-mer) : Guyane, Guadeloupe, Martinique, Mayotte, Réunion, ainsi que les autres COM (collectivités d’outre-mer) et les TOM (territoires d’outre-mer : Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy et Saint-Martin (détachés de la Guadeloupe), Wallis-Et-Futuna, la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie.
  • Facteur aérien: quelles lignes aériennes seront actives demain ? quel sera le coût des billets d’avion ou de train demain ?

 

INFORMATIONS MISES À JOUR AU 10 JUIN 2020

Voici la carte des pays Européens où les français peuvent partir en vacances (source France info et le ministère des affaires étrangères)

 

  • Les pays suivant ont réouverts leurs frontières aux voyageurs français

Italie, la Serbie, la Bulgarie l’Estonie, la Lettonie et La Croatie qui est la seule à demander la confirmation d’une réservation touristique pour entrer sur son territoire.

 

  • Les pays suivant annoncent une ouverture prochaine de leurs frontières aux voyageurs français

A partir du 15 juin, l‘Allemagne, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, la Norvège et les Pays-Bas devraient réouvrir leurs frontières sans aucune restriction aux touristes résidents dans un État de l’Union européenne ou de l’espace Schengen. L’Espagne quant à elle devrait réouvrir ses frontières autour du 1er juillet. Les liaisons aériennes et terrestres devraient reprendre pour le Portugal début juillet. La Grèce quant à elle n’aura plus de restrictions à partir du 1er juillet 2020.

Pour plus de renseignements sur l’entrée en Norvège, je vous invite à cliquer ici.

 

  • Les pays qui imposent une quarantaine obligatoire de 14 jours ou qui ferment leurs frontières aux voyageurs français

Sans surprise la Grande Bretagne et l’Irlande, l’Autriche imposent une quarantaine obligatoire. Pour la Chypre, Malte et le Danemark, il faudra surement attendre la fin de l’été.

 

QUELLES SONT LES DESTINATIONS A PRIVILÉGIER DANS LES MOIS A VENIR ?

 

Avant de commencer, je vous donne dans cet article des astuces pour économiser sur l’hébergement, l’un des postes dépenses toujours élevés dans le voyage. Cela vous permettra de trouver des solutions peut être pour cet été ou sur vos prochaines vacances.

 

  • LA FRANCE

Je sais que dans ce contexte difficile, il est difficile de se projeter dans un voyage actuellement mais vous pouvez commencer à y penser pour cet été ou cet automne ? Ne boudez pas le secteur du tourisme, et les pays qui figurent parmi les plus touchés par le COVID-19 par peur ou par éthique.

 

Partir en France pour soutenir notre pays

 

Naturellement, nous serons sûrement nombreux à voyager en France très prochainement. Cette période délicate nous a inévitablement rapproché virtuellement de nos familles et de nos amis. Nous avons envie de nous revoir, de passer des moments simples ensemble, c’est une évidence. Mais notre pays va aussi avoir besoin d’un beau coup de pouce et d’un élan de solidarité. Le tourisme est d’une grande importance dans l’économie de tous les pays et encore plus dans le nôtre, toujours considéré comme la première destination la plus visitée au monde. L’économie française va devoir être relancée et ça passe par les hôteliers, les restaurateurs, les guides, les locations de voiture, les activités et les commerces. Unissons- nous en développant le voyage local.

Mais où partir en France ? Avec les beaux jours qui arrivent, vous comme moi, on va avoir envie de soleil. La Côte d’Azur comme toujours sera sûrement prise d’assaut tout comme les côtes de Bretagne et d’Atlantique. La Corse comme a son habitude devrait aussi recevoir beaucoup de monde mais encore faut-il que les liaisons maritimes et aériennes soient réouvertes et que la situation face au COVID-19 soit apaisée. Les voyageurs risquent de réserver à la dernière minute mais il n’y aura pas de la place pour tout le monde! Si vous n’avez pas trop d’idées, vous pouvez tester le camping des Méditerranées, à Marseillan, l’un des mieux notés de France pour bronzer les pieds dans l’eau. Si vous êtes près de Marseille et que vous souhaitez découvrir les calanques différemment, pensez à louer un bateau entre amis pour découvrir les calanques, on a passé une si belle journée à voguer sur les flots et se baigner dans ces eaux translucides. Pour ceux qui sont sur la côte d’Azur, pensez à louer ce bateau sans moteur pour découvrir les îles de Lérins comme nous l’avons fait. Pour ceux qui fuient la chaleur, je vous propose de découvrir à vélo, la côte de Granit Rose dans les Côtes d’Armor.

 

Pensez au tourisme de montagne

 

Avant le coronavirus, on constatait déjà des dérèglements climatiques en France et notamment dans les stations de ski qui ont eu beaucoup de mal sur la saison 2019-2020. On a tout de même vu cette année un hélicoptère déposer de la neige sur les pistes de la station pyrénéenne de Luchon-Superbagnères! Ces stations de ski n’ont plus le choix de s’adapter, de se diversifier et de promouvoir les activités en montagne et développer davantage le tourisme vert en été.  Certaines stations de ski comme Avoriaz ou Les Arcs proposent déjà des activités à vivre en famille ou entre amis. Moi je l’ai découvert il y a peu finalement, lors de notre weekend sur la route des fromages de Savoie et j’ai beaucoup apprécié mon séjour. Nous avons également testé les camping Tohapi dans le sud de la France, niché dans une pinède au cœur du massif de la Sainte Beaume. Si vous avez des enfants, vous pourriez les emmener voir les loups du Mercantour et dormir une nuit dans la réserve des Monts d’Azur pour écouter le brame du cerf ou voir des bisons d’Europe et des chevaux de przewalski. Alors le tourisme vert et durable vous y pensez ?

 

Découvrez les régions rurales

 

On dit toujours qu’on a la chance de vivre dans ce si beau pays car nous avons des sites merveilleux, une gastronomie généreuse, variée avec des saveurs, une variété de fromages et du bon vin! Alors pourquoi ne pas découvrir nos régions françaises ? Tiens ça serait l’occasion et l’opportunité de se faire un petit séjour dans la Dordogne par exemple, pour découvrir le Périgord, un territoire haut en couleurs. Il y a également l’Aude dans le pays cathare qui réserve de belles surprises avec notamment ces cabanes perchées dans les bois. Pensez aussi à la belle Bretagne chère à Antoine et les Côtes d’Armor.

 

 

 

  • L’ASIE

Ce n’est que mon point de vue mais je pense que de nouvelles destinations vont sortir du lot comme l’île de Taïwan, que j’ai découverte pendant 3 semaines il y a 3 ans maintenant, ou la Corée du Sud. Ces pays ont réussi pour le moment à faire face à la crise malgré tout et je pense que vous pourrez envisager de les visiter une fois les frontières réouvertes. Le Japon peut permettre de belles opportunités car tout était planifié pour les JO en Août 2020 et avec un report à 2021, c’est tout une offre hôtelière, aérienne qui se retrouve disponible à quasi 100%. Les destinations de grands espaces comme la Mongolie ou le kirghizistan avec ses vastes territoires et si peu d’habitants au km2 vont continuer de séduire. Je pense qu’il n’y aura pas trop de soucis non plus pour découvrir le Vietnam qui a commencé très tôt les tests de dépistage du COVID 19 et a bien su gérer cette crise.

 

 

 

  • L’EUROPE

Tout comme l’Asie, nous allons voir émerger de nouveaux pays dont on entend moins parler comme le Monténégro, l’Albanie, la Roumanie, la Slovénie, la République Tchèque ou la Pologne mais qui sont de plus en plus demandés l’été auprès de nos voyageurs. Les pays-Bas sont aussi une belle destination d’été avec ses nombreux canaux qui permettent les croisières fluviales. Découvrez également des régions de Croatie moins touristiques comme le golfe de Kvarner. Les pays de Scandinavie, de part leur faible densité également et leurs milliers d’îles auront toujours autant de visiteurs. Il va simplement falloir avoir un bon budget pour découvrir les fjords de Norvège mais vous avez la Suède ou le Danemark qui peuvent être intéressants et plus abordables. La Finlande quant à elle connaît toujours un engouement et un succès certain notamment à l’automne pour voir les belles couleurs flamboyantes mais aussi la Laponie qui n’a pas arrêté ses réservations pour l’hiver prochain.

 

 

  • LES CARAÏBES ET L’OCÉAN INDIEN

Même si les cas de COVID 19 sont plus faibles qu’en France, ils sont bien existants. Cependant je reste assez optimiste et confiante sur l’ouverture prochaine des vols vers ces îles: Cuba, la Guadeloupe, la Martinique la Réunion, l’île Maurice, et je l’espère la République Dominicaine et les Bahamas.

 

 

 

  • L’AFRIQUE AUSTRALE

De part son coût plus élevé qu’ailleurs, l’Afrique Australe et certains pays d’Afrique centrale comme l’Ouganda ou d’Afrique de l’est comme l’Ethiopie attirent de plus en plus de visiteurs, en quête d’authenticité avec un pouvoir d’achat un peu plus conséquent selon les pays. Certains pays ne connaissent donc pas le tourisme de masse comme le Botswana, le Mozambique, la Zambie ou le Zimbabwe, je me dis que nous allons recevoir un peu plus de demandes pour découvrir ces pays.

 

 

 

  • L’AMÉRIQUE

J’ai forcément des doutes sur l’ouverture des frontières vers les pays d’Amérique du Nord et Latine tous confondus. J’attends de voir comment évolue la situation pour vous donner plus de nouvelles sur les pays qui réouvriront leurs frontières mais il semble déjà établi que les USA seront à bannir cette année.

Sachez que j’essaierai de mettre à jour cet article dans les semaines à venir dès que je recevrai des informations supplémentaires en terme de réouverture de pays selon la situation.

En conclusion, quelque soit vos choix, vos possibilités pour cet été,  je pense que nous ressortirons de cette crise avec une vision globalement différente. Notre rapport à l’environnement, à la consommation va évoluer. Pour ce qui concerne le tourisme, continuerons-nous de voyager de la même manière ?  Pas tout à fait.  Je ne crois pas que nous ne renverserons la table mais je pense que nous devons nous attacher, comme dans notre vie de tous les jours, à être plus responsable et cela se traduira aussi par des voyages plus en conscience dans notre rapport aux gens, au temps, privilégiant l’expérience et le partage. Enfin je le souhaite.

Qu’en pensez-vous?

16 Commentaires

  1. Marie
    25 mai 2020 / 22 h 11 min

    Bonsoir,
    Article clair et très agréable à lire. Pour ma part, je songe à l’Ardèche cet été (habitante du sud de la France).
    J’ai une question liée au Pérou. Pensez-vous qu’il faudra attendre au moins 2021 pour l’Amérique du Sud. Je pense en effet que cela sera plus sûr…
    Bien à vous,
    Marie

    • Mademoiselle Voyage
      26 mai 2020 / 19 h 40 min

      Bonsoir Marie

      Merci beaucoup pour votre mail. Je ne connais pas l’Ardèche mais ça doit être très joli en été! Pour l’Amérique du sud nous n’en savons trop rien pour l’instant, le COVID se répand bien en Amérique Latine dont le Pérou donc bon il va falloir suivre cela de près….
      Bien à vous

  2. Aurelie
    18 mai 2020 / 12 h 01 min

    Merci pour cet article ! Très précis et agréable à lire.
    Que pensez vous des voyages à l’autre bout du monde, en Océanie ? En Nouvelle-Zélande ? Peut on espérer une ouverture des voyages entre la France et ces pays si éloignés ?

    • Mademoiselle Voyage
      18 mai 2020 / 18 h 33 min

      Bonjour Aurelie

      Malheureusement tout est flou pour les pays lointains… pour cet été non c’est pas possible, peut etre à la fin de l’année, tout va dépendre des compagnies également et des états de santé de chaque pays.

      Cdt

  3. Vanessa
    14 avril 2020 / 12 h 53 min

    Merci pour toutes ces précisions. Nous sommes quant a nous inquiets pour notre voyage en Polynésie programmé le 28/09 depuis l’année dernière. On croise les doigts!

    • Mademoiselle Voyage
      14 avril 2020 / 12 h 59 min

      De rien Vanessa! Je croise les doigts pour vous aussi…

  4. Aurelia Fontaine
    13 avril 2020 / 8 h 15 min

    J’ai adore vous lire. Très juste, porteur d’espoir et inspirant. Merciii

    • Mademoiselle Voyage
      13 avril 2020 / 10 h 04 min

      Bonjour Aurelia

      Merci pour ce très gentil commentaire! Cela nous touche beaucoup. Continuons d’être positifs. Bon lundi de Pâques

  5. Céline
    12 avril 2020 / 13 h 15 min

    Merci Mademoiselle Voyage pour ce bel article, réaliste. Comme vous, j’espère que le voyage sera de plus en plus orienté vers le partage, mais je doute que notre prise de conscience et notre cheminement soit celui de tout le monde.

    • Mademoiselle Voyage
      12 avril 2020 / 13 h 23 min

      Merci Céline pour ton commentaire. Restons optimiste, peut être que certains vont changer et le plus important est la prise de conscience et les actions à mettre en place sur le long terme.

  6. Nathalie
    12 avril 2020 / 8 h 47 min

    Merci beaucoup pour cet excellent article très intéressant et qui amène en effet à réfléchir pour la suite…
    Je devais partir 4 jours à Venise mi juillet avec mon grand fiston de 20 ans. Une dernière escapade mère fils avant qu il ne soit plus disponible. On essayera de se trouver une autre occasion plus tard si c est possible. De toute façon vue la situation je n aurais pas pu y aller sereine. J attends pour connaître ce qu il se passera pour les billets d avion.
    Sinon Vacances d août réservées dans un camping près de Royan depuis janvier….on croise les doigts. Mais si ça ne se fait pas tant pis…l essentiel est d être en bonne santé.
    Prenez soin de vous!

    • Mademoiselle Voyage
      12 avril 2020 / 9 h 52 min

      Bonjour Nathalie

      Merci pour ce gentil message. Si vous ne partez pas cette année, ce n’est que partie remise, dites-vous que ce n’était pas le bon moment! Je croise les doigts pour que vous partiez près de Royan cet été, ça serait super pour se reposer au bord de la mer. On attend comme vous la suite des choses, il faut être patient et profiter du confinement pour faire tout ce que l’on n’aurait pas pu faire dans cette vie où nous courons à 100 à l’heure!

  7. Helene Rudloff
    11 avril 2020 / 23 h 55 min

    Je trouve bien intéssant les propositions de voyager local et en slow tourisme. Si cette situation peut au moins nous pousser à mettre de côté la surconsommation…

    • Mademoiselle Voyage
      12 avril 2020 / 9 h 49 min

      Merci Hélène
      Je pense que nous pouvons tous changer nos modes de voyage et cette surconsommation, encore faut-il le vouloir ?

  8. Marinemco
    11 avril 2020 / 15 h 03 min

    Merci pour ton article Marion et j’en arrive plus ou moins aux mêmes conclusions concernant le confinement et ses aspects positifs. Pour les voyages, c’est justement ce qui me perturbe le plus. Je n’ai plus du tout envie. Moi qui attendais toujours mes voyages avec impatience, je me sens rebutée. J’ai réservé mon billet pour le Mexique mi août mais dans mon idée c’est hors sujet. Plus tard, je ne sais pas. Reste l’attraction irrésistible que j’ai pour la Japon mais qui semble pour l’instant hésiter quant à la gestion de cette crise, donc ça ne me dit rien qui vaille. En fait, je me résigne, en me disant que c’est difficile de prévoir en n’ayant pas tous les éléments pour décider 🙂
    Comme toi je sais que cet été sur la Côte d’Azur nous serons bien bien nombreux lol (je risque de rester confinée encore longtemps
    Échauffons nous pour des jours meilleurs .
    À bientôt

    • Mademoiselle Voyage
      11 avril 2020 / 15 h 09 min

      Bonjour Marine

      Merci pour ton commentaire.
      Je comprends parfaitement que tu n’aies plus l’envie pour le moment, peut etre un ras le bol de cette course du voyage ? Je pense qu’il faut aussi savoir s’écouter. J’ai moi aussi des moments où je n’ai pas envie de voyager et je pense juste que c’est humain. On a des phases avec et des phases sans!
      Et oui il est encore difficile de prévoir où nous pourrons voyager mais nous on le voit déjà dans les demandes de voyage qui reviennent… on peut sentir les tendances pour la fin de l’année déjà.
      A bientôt

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