Faites du bénévolat au Cambodge pour voyager autrement

Faites du bénévolat au Cambodge pour voyager autrement

 

Vous rêvez de faire du bénévolat en Asie, en Afrique ou en Amérique du Sud? Je vous propose de lire le témoignage d’Emilie qui est partie à deux reprises au Cambodge, vivre une expérience inoubliable dans une école.

 

 

1 | Pourquoi faire du bénévolat ?

 

Vivre une expérience de bénévolat à toujours été un rêve. Depuis que je suis adolescente, j’ai toujours dit que je le ferais et que tant que je n’aurais pas vécu cette expérience, je ne pourrais pas me « poser » avoir un travail stable, une famille…

J’ai passé un BEP sanitaire et social et ensuite un bac professionnel SPVL (service de proximité et de vie locale) dans le but de devenir éducatrice spécialisée. J’ai toujours voulu un métier visant à aider, faire de bonnes actions, et essayé d’être quelqu’un de bien même à travers mon métier. Lors de mon BEP et de mon BAC, je travaillais dans les centres sociaux en tant qu’animatrice. J’ai donc obtenu mon bac.

À l’obtention de ce diplôme… un vide… le métier d’éducateur ne m’intéressait plus, la poursuite d’études après ce bac ne m’inspirait rien du tout. J’ai donc décidé de stopper mes « études ». J’ai alors enchaîné les petits boulots (intérim, fast-food, centres sociaux..) , des petits boulots pas toujours facile…

Étant sortie du système scolaire , je suis allé m’inscrire à la mission locale. Le premier rendez vous avec ma conseillère, j’ai voulu lui parler du bénévolat qui était un rêve pour moi. Ma conseillère m’a alors mise en relation avec l’IPM (plateforme mobilité internationale). C’est une plateforme spécialisée pour les personnes souhaitant partir à l’étranger, ils peuvent vous aider pour un tas de projets. L’IPM m’a contactée et donné un rendez vous . Lors du rendez vous, la conseillère IPM me demande de choisir sur un site internet un projet de bénévolat qui m’intéresse (le site internet était celui de l’association française : jeunesse et reconstruction).

 

2 | Pourquoi avoir choisi le Cambodge ?

 

À vrai dire j’ai choisi le Cambodge au « hasard ». A l’époque j’avais 20 ans , tous les projets du site étaient écrit en anglais (je ne parlais pas un mot d’anglais à ce moment là). J’ai donc choisi le Cambodge et le projet par pur hasard. J’avais évidemment traduis le projet , qui était d’enseigner l’anglais dans une école sachant qu’il y avait tous les niveaux.

 

3 | Quels organismes choisir ? Combien ça coûte ?

 

J’ai donc choisi jeunesse et reconstruction (association française) qui m’a envoyée dans l’association greenway school cambodia (association cambodgienne). Le prix était de 125€ par semaine, j’y suis restée quatre semaines pour un total donc de 500€ sachant que cest l’IPM qui a financé ce coût. Il ne restait à ma charge que mon billet d’avion et mon visa (30€).

 

4 | Quelles étaient tes missions ?

 

J’étais professeur d’anglais à l’école greenway school . En arrivant, étant donné que je ne parlais pas anglais,  j’ai pris en charge le kindergarden ce qui est l’équivalent de la maternelle. Je leur ai donc enseigné les lettres, les chiffres (écriture + prononciation). Je leur ai appris à reconnaître les questions : what is your name, how old are You , where do you come from… mais aussi à reconnaître et à répondre aux questions précédentes. Etant donné que c’était un kindergarden, j’ai inclus dans mon planning des temps de jeux (dessins , jeux de groupes, jeux extérieur)

 

5 | Quelle était ta journée type ?

 

8h – 9h : apprentissage (lettre , chiffres..)

9h – 9h20: breaktime

9h20 – 10h:  jeux (ex : jump, stand up, seat down …) , dessin ou bibliothèque (il y a une télévision avec un DVD de chanson pour enfants ex : alphabet, les mois de l’année… le tout en anglais bien sûr)

10h- 10h20: break Time

10h20 – 11h: lecture , répondre aux question (what is your name….)

Le Kindergarden du lundi au vendredi de 8h à 11h. Ils n’ont pas école l’après-midi. Le mois où j’y étais les après-midi, j’ai repeint la classe, peint l’alphabet et décoré de petit dessin. J’étais donc en temps libre tout le reste du temps. J’étais hébergée et nourri chez le directeur de l’école, donc avec sa sa femme et enfants et j’allais à l’école en vélo environ 15 minutes de la maison.

 

6 | Combien de temps es tu parti au cambodge ? As-tu pu visiter le pays ?

 

Je suis partie deux fois dans cette association: la première comme je vous l’ai décrit précédemment où je suis restée un mois. J’y suis retournée l’année suivante pour deux mois. Je n’ai pas visité le pays (c’était un choix) mais j’aurai très bien pu le faire durant le week-end ou prendre un temps après ma mission. Jai visité les temples d’Angkor qui est pour moi le plus beau monument que j’ai visité.

La première fois que je suis partie, j’étais effrayé mais je savais que je devais le faire. La veille de partir impossible de dormir. Première fois que je pars aussi loin, première fois que je pars dans un pays qui ne parle pas ma langue, première fois que je pars seule.. et en plus de tout ça je n’avais eu aucun contact avec l’association greenway school. J’ai été mise en relation uniquement avec jeunesse et reconstruction (association française). Mon entourage était inquiet et ne voulait pas trop que j’y aille. Je n’ai jamais manqué d’assurance devant eux, je leur montrais que j’avais pris la décision d’y aller et que rien ni personne ne me ferait changer d’avis. Au fond de moi j’étais effrayée, incertaine. Je me disais et si personne ne vient me chercher à l’aéroport, et si je tombe malade, et s’il m’arrive quelque chose… et un tas de choses négatives.

Au moment de prendre l’avion j’étais angoissée, j’ai pleuré, j’ai même été malade dans l’avion (je pense dû au stress). Donc j’étais loin d’imaginer un road trip au cambodge à ce moment là. Je pense avoir été par palier dans mes voyages, chaque voyage j’ai franchi un pas qui m’a toujours fait avancer plus loin dans mes aventures. La deuxième fois que j’y suis retournée (2 mois) j’ai enchaîné sur la Thaïlande et l’Indonésie.

 

7 | Quels sont tes bon Bons et pires moments ?

 

Je n’ai pas eu de pire moment, j’ai eu des moments marquants , tristes mais je ne peux pas les qualifier de « pire » . Le premier jour de ma classe , j’arrive dans le Kindergarden , je demande aux élèves de sortir leurs affaires. Puis j’aide le petit garçon qui est devant moi, je prends son cahier dans son sac puis je vois une petite boîte en fer. Je l’ouvre et je vois un crayon de papier à l’intérieur avec sa photo d’identité puis je regarde l’enfant. Il avait ses petits yeux posés sur moi. Pourquoi ce moment m’a marquée ? Car je pense que c’est à cet instant que j’ai pris réellement connaissance du public que j’avais en face de moi, c’est à ce moment que je me suis rendue compte que je ne pourrais pas sauver le monde.

Je m’explique: avant mon départ je débordais d’énergie, d’idées, d’espoir, de bonne volonté, j’ai vu la ma chance de faire quelque chose de bien. Inconsciemment j’avais peut-être l’espoir de  pouvoir changer les choses. Mais c’est faux, oui on peut faire de jolies actions , oui on peut donner de son temps, oui on peut aimer l’humain, oui on peut faire rires aux éclats les enfants, mais on ne peut pas changer le monde. Mon regard est resté planter dans le sien plusieurs secondes, à cet instant, dans ma tête ma mission avait changé, elle n’était plus de les faire devenir bilingues ou bien les imaginer faire de longues études. Ma mission était désormais de les faire sourires, de leur faire aimer l’école, et leur transmettre le peu que je connaissais . Je n’oublierai jamais ce regard qu’il m’a lancé.

Un autre moment marquant qui est devenu magique. La veille de mon départ, j’étais donc redescendue en ville pour prendre l’avion. Je me promenais lorsque je vois 4 garçons (9-13 ans) en train de fouiller les poubelles. Mon cœur s’est brisé en mille morceaux et je n’arrivais pas à passer devant eux comme ci de rien n’était. Ils avaient des vêtements déchirés et sales. Je leur ai donc proposé de les accompagner manger quelque chose, ils ne parlaient pas anglais. Nous nous sommes installés à une table d’un restaurant ambulant, ils ont pris chacun une boisson et un plat. Deux d’entre eux n’ont pas terminé leur plat et l’ont emporté avec eux. Durant le repas, ils me regardaient, ils m’ont mêmes tenu la main (j’ai été surprise de ce geste d’affection ). Durant mon séjour j’ai réussi à apprendre quelques mots de khmer (langue du Cambodge) et j’ai tant bien que mal réussi à communiquer avec eux. J’ai demandé à la personne qui tenait le restaurant ambulant de demander aux enfants où étaient leur parents. Deux d’entre eux était frères et leurs parents étaient décédés, un autre ses parents étaient partis travailler en Thaïlande et l’ont laissé seul livré à lui-même dans la rue, quant au dernier je ne serais pas vous dire, il n’a pas répondu. Évidemment que j’aurais voulu faire plus pour ces enfants … mais que faire ? Une situation où j’ai versé des larmes.

 

« Des bons moments j’en ai eu tellement ! »

 

La deuxième fois que j’y suis allée, j’ai rencontré une fille de 11 ans qui s’appelle Reaksmey. Notre relation a été fusionnelle, elle venait même jusqu’à chez moi en vélo pour venir me chercher avant l’école et me raccompagnait tout le temps après les cours. Un jour, il y a eu un jour férié (donc pas d’école ). J’ai proposé à Reaksmey de m’accompagner faire du vélo, ce qu’elle a été ravie d’accepter. Partie de vitesse, j’ai oublié ma bouteille d’eau et je n’ai pas pris mon argent (je pensais partir pour une heure environ … cela a été plus long. Au bout de 2h30 de balade, je lui dit qu’il faut que je rentre , j’ai soif comme pas possible. Elle me raccompagne, sur le chemin, elle me demande de l’attendre, puis elle revient avec deux jus de fruits trempés dans des glaçons. Je n’arrivais pas à y croire. Elle était allée acheter à boire pour nous deux. Ce n’est qu’un jus de fruit. Mais cela a eu tellement de valeur à mes yeux… évidemment arrivée chez moi nous sommes vite reparti pour déguster une glace toute les deux.

Le dernier jour de ma deuxième venue à été mémorable. J’avais demandé de faire une fête dans l’école. J’avais acheté de la nourriture et des boissons pour tous, un professeur khmer avait installé une grosse enceinte. Nous avons dansé toute l’après-midi, j’ai même eu droit à des cadeaux de la part de mes élèves, ils ont réussi à me faire pleurer… j’étais triste de leur dire au revoir.

 

8 | Qu’est-ce que cela t’a apportée ?

 

Désolée par avance si je suis confuse pour cette réponse, car c’est inexplicable! Déjà cela m’a permis d’être débrouillarde, d’avoir un niveau de base en anglais, de ne plus avoir peur de partir et de l’inconnu.

Ce que cela m’a apportée c’est tout simplement le bonheur. Tu vois le bonheur quand tu es comblée, ton cœur n’a besoin de rien de plus, ton cœur est heureux de se réveiller le matin, tu n’attends que le moment de prendre ton vélo et d’aller à l’école. Combien de personnes sur terre ont connu cette sensation? Cette sensation de suffisance, de ne pas avoir besoin de plus. Comment ont-ils fait pour que je me sente chez moi à des milliers de kilomètres ? Greenway school a été un rêve éveillé pour moi, j’aurais aimé arrêter le temps.

Après cette expérience, je suis devenue AMOUREUSE du Cambodge, les enfants m’ont donnée énormément d’amour, de fou rires, de bêtises, d’amusements, de câlins et surtout de respect. Sur le moment tu ne te rends pas compte ce que tu es en train de vivre, tu ne te rends pas compte à quel point cette expérience va te changer intérieurement, tu ne te rends pas compte des conséquences que ça va avoir sur toi, tu ne te rends pas compte combien tu es attaché…tu ne le découvres que plus tard.

Au Cambodge beaucoup d’enfants n’ont pas accès à l’éducation: dans les village,s ils aident les parents sur les marchés ou bien s’occupent d’emmener les vaches dans les prés. J’ai même vu des enfants ramasser des ordures (verre…) pour les revendre. Dans les villes, les enfants font la manche, ils demandent de l’argent aux touristes ou se tiennent assis quelque part avec un bébé dans les bras pour « faire de la peine ». Ces situations sont insoutenables.

Attention beaucoup D’ORPHELINATS ouvrent leur porte aux Cambodge avec de « faux orphelins » dans le but de créer un business pour attirer les volontaires et gagner de l’argent.

Je pense que je pourrais écrire un livre sur cette expérience alors je vous fait partager un échantillon. Je tiens à dire que c’est mon expérience personnelle, mon vécu et comment je l’ai ressenti. Je peux comprendre et entendre qu’il y ait des avis différents. Merci de m’avoir lu jusqu’à la fin.

A quand votre tour ? Êtes vous toujours tenté par le bénévolat ? Si vous connaissez d’autres organismes dans le monde entier, merci de partager vos informations en commentaires.

 

 

Je vous invite à lire également les retours d’expérience des métiers ci-dessous pour en apprendre davantage.

 

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3 Commentaires

  1. Myriam
    / 20 h 52 min

    Bonjour
    Wow tres touchant ! Bravo à toi et ravie pour toi … le fait que tu aies insister st tout fait pour arriver à être bénévole c’est que tu es une personne en or… qui a du cœur !
    Peux tu s’il te plaît me contacter. Cela serait gentil de ta part. Skype: diabless28. Merci d’avance
    J’attends avec impatience ton message

  2. / 13 h 27 min

    Récit très touchant, c’est une belle histoire et surtout inspirante! Je suis allée en voyage en sac-à-dos au Cambodge 3 semaines en juillet 2016, c’est un pays très pauvre et j’aimerais bien tenter une expérience comme la tienne là-bas…
    Merci pour ce beau récit et bravo à toi 🙂

    • Mademoiselle Voyage
      / 21 h 29 min

      Merci Nina pour ton commentaire 🙂

      Je pense que c’est très enrichissant de faire du bénévolat dans sa vie, que ce soit en France ou à l’étranger et peu importe les domaines. Tiens nous au courant le jour où tu pars.

      Bises

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